3e trimestre 2018: appréciation du huard

Tous espéraient une reprise de conscience du président américain, néanmoins ce dernier réservait au monde bien autre chose!

Cet été fut empreint d’une multitude de sorties de Monsieur Trump qui eurent pour effet de refroidir la confiance de bien des investisseurs.

Le trimestre s’est cependant terminé sur une note positive du point de vue économique alors que le gouvernement canadien a finalement trouvé un terrain d’entendre avec les États-Unis ce qui donnera naissance à l’AEUMC (l’accord États-Unis–Mexique-Canada).

Au moment d’écrire ces lignes, le 4e trimestre s’amorce cependant sur une note beaucoup moins positive, marquée par de fortes turbulences sur les marchés. La diversification de nos portefeuilles et la discipline de l’approche d’Archer seront mis à contribution.

Classes d’actifs Rendements en C$
3e trim AÀD
Obligations -0,97% -0,37%
Actions
·         Canadiennes -0,57% 1,36%
·         Américaines 5,93% 14,18%
·         Internationales (EAEO) -0,32% 1,80%
·         Marchés émergents -3,16% -5,31%
Placements immobiliers (REITs) 3,53% 9,80%

Actions canadiennes

Bien que l’économie et les entreprises canadiennes aient connu de bons résultats lors du dernier trimestre, les marchés ont quand à eux connu une performance négative de -0,57%. Cette baisse a donc été causée par une contraction du ratio cours/bénéfice. La détérioration des multiples des compagnies canadiennes reflète l’escalade des tensions entre les dirigeants canadiens et américains qui ont fait craindre le pire aux investisseurs. Bien qu’il représente moins de 2% de l’indice, le secteur de la santé a fortement contribué à limiter les pertes en clôturant le trimestre en hausse de 31,2%.

Lors de la rédaction de cette lettre, le Canada avait donné son accord depuis quelques jours à l’AEUMC. Le Canada n’ayant qu’un pouvoir de négociation limité face au géant américain a malheureusement dû faire certaines concessions lors des négociations. Il n’en demeure pas moins que cet accord est une bonne nouvelle pour le marché canadien qui était affecté par le climat d’incertitude. Rassurées et connaissant maintenant les règles du jeu les compagnies canadiennes pourront maintenant se concentrer sur leur croissance!

Actions américaines

La force du marché du travail américain et les mesures de stimulation budgétaires de l’administration Trump ont porté le S&P500 vers un sommet historique en septembre à 2940,9 points. Les secteurs de la santé, de la technologie et le secteur industriel ont mené les marchés américains qui ont connu leur meilleur trimestre depuis plus de 4 ans en enregistrant un rendement de 7,71 % (5,93% en CAD). Cette performance reflète les résultats des corporations américaines qui ont présenté des hausses de leurs bénéfices supérieures aux anticipations des analystes.

Comme nous avons pu l’observer lors des dernières semaines, l’évolution des taux d’intérêt peut avoir un impact considérable sur les marchés à ce stade du cycle économique. Il sera intéressant de s’attarder aux déclarations de la Réserve fédérale des États-Unis qui sont présentement l’un des facteurs clés de la performance des marchés.

Actions internationales

Les bons indicateurs des économies développées jumelés aux mesures de stimulation instaurées par leurs gouvernements ont permis à leurs marchés de connaitre une bonne performance dans leur devise respective. Le Japon, la Suisse, la Suède et la France qui représentent ensemble plus de 46 % de l’indice ont su s’illustrer lors du troisième trimestre. L’appréciation de la devise canadienne a malheureusement complètement effacé les gains de cette classe d’actifs pour l’investisseur canadien. Les actions internationales ont connu une performance de -0.32% en CAD lors de ce dernier trimestre.

Marchés émergents

L’indice des pays émergents a connu un recul de -1,45% (-3,16% en CAD) lors du dernier trimestre. Tout comme nous l’avions mentionné au trimestre précédent, les tensions commerciales entre les États-Unis et ces pays sont particulièrement néfastes pour ces derniers dont l’économie repose principalement sur les exportations. Pensons notamment à l’exemple de la Chine qui a fait les frais des nouvelles politiques commerciales américaines lors du dernier trimestre.

En effet, en septembre dernier les États-Unis ont instauré de nouveaux tarifs qui toucheront 200 milliards de dollars d’importations chinoises. La Chine a à son tour rétorqué en instaurant de nouveaux droits de douane sur 60 milliards de biens américains. Cette guerre commerciale a durement impacté la performance des marchés financiers chinois qui ont enregistré au recul de -7.51% (en USD) lors du troisième trimestre.

Le retrait progressif des capitaux étrangers a aussi fait perdre de la valeur aux devises des pays émergents, augmentant par le fait même leur risque de crédit. Outre l’incertitude commerciale, le risque de contagion de la crise Turque a contribué à accentuer cet exode des capitaux.

Obligations

Pour la deuxième fois de l’année, la Banque du Canada a élevé son taux directeur le portant maintenant à 1,50%. Au sud de notre frontière, la Réserve fédérale des États-Unis a elle aussi élevé son taux directeur à 2,25%.

Le rendement des obligations canadiennes pour ce troisième trimestre a été de -0,97%. Lors de ce même trimestre, les obligations américaines ont pour la première fois de cette année 2018 fini en territoire positif avec un rendement 0,04% en dollar US. Le rendement depuis le début de l’année des obligations américaines étant de -1,64%.

Il est normal que les obligations produisent un rendement négatif au moment où s’amorce une hausse des taux. Elles demeurent cependant la meilleure source de diversification dans les portefeuilles ainsi qu’une police d’assurance contre les scénarios économiques défavorables.

Fiducies de placement immobilier (REITs)

Les taux d’intérêt à long terme relativement bas ainsi que la bonne conjoncture économique canadienne ont encore une fois permis au REIT de se démarquer avec un rendement de 3,52% pour le trimestre. Cette classe d’actifs fait une excellente contribution au portefeuille en terme de rendements et, dans un certaine mesure, de diversification.