4e trimestre 2017: les sceptiques ont été confondus!

2017 devait être l’année de tous les dangers : Donald Trump, un hurluberlu au fort penchant protectionniste allait mettre la pagaille dans le commerce international. Un leader du même acabit en Corée du Nord menaçait  de déclencher des hostilités nucléaires. L’extrême droite avait le vent dans les voiles. On craignait que le resserrement de la politique monétaire américaine ne signale la fin de la récréation, mettant un terme au marché haussier non seulement dans les actions mais aussi dans les obligations.

Et pourtant!

Classes d’actifs Rendements en C$
  4e trim (%) AÀD (%)
Obligations 2,02 2,52
Actions
·        Canadiennes 4,45 9,10
·        Américaines 6,68 13,15
·        Internationales (EAEO) 4,69 17,87
·        Marchés émergent 7,87 27,84
Placements immobiliers (REITs) 5,81 9,85

L’année s’est plutôt avérée excellente en termes de rendements. La bourse américaine a progressé de près de 22% en 2017 (13% en C$) alors que les marchés européens et asiatiques ont connus des hausses de plus de 25% en devises locales. Dans les marchés émergents, la hausse a été de 37% (28% en C$). Malgré l’impact négatif de la baisse du C$ en cours d’année, les rendements pour l’investisseur canadien dans ces marchés demeurent élevés.

Les actions canadiennes et les fiducies de placements immobiliers ont aussi bien fait, particulièrement au 4e trimestre. Même le portefeuille obligataire, contre toutes attentes, a terminé l’année en hausse.

Les investisseurs canadiens qui détiennent un portefeuille équilibré (actions et obligations) et diversifié internationalement auront donc réalisé un rendement après frais de plus de 8% pour l’année 2017.

Le marché haussier né après la crise financière de 2008 a maintenant près de 9 ans. Les actions – particulièrement aux États-Unis – se transigent à des cours relativement élevés. Tôt ou tard, les marchés nous rappelleront que les corrections font partie du cycle boursier. Bien qu’inévitables, ces baisses sont totalement imprévisibles. Seule une saine répartition d’actifs et la discipline de s’en tenir à notre stratégie à long terme permettent de protéger le capital et générer un rendement optimal.

Actions canadiennes : un « maigre » 9%

Comme c’est souvent le cas, les actions canadiennes ont fluctué au gré du prix du pétrole en 2017. À la mi-août, alors que le baril de pétrole se transigeait à 42$, la bourse canadienne était en baisse de 2% pour l’année. C’est en bonne partie grâce à la remontée du prix du baril à 60$ si la bourse canadienne a pu effectuer un retour et terminer l’année en hausse de 9%.

La concentration sectorielle de l’indice boursier canadien – 20% énergie et 35% secteur financier – fait en sorte qu’il est particulièrement important pour les investisseurs canadiens de diversifier leur portefeuille en détenant des actions étrangères. C’est pour cette raison que plus de la moitié du portefeuille d’actions d’Archer est investi sur les marchés étrangers.

Actions américaines : « party like it’s 1999 »?

Le S&P500 a monté de près de 22% en 2017 (13% en C$). Bien que tous les secteurs (sauf l’énergie) aient contribués à cette performance, les titres de technologie, et particulièrement les FANG (Facebook, Amazon, Netflix, Google/Alphabet) expliquent une bonne partie de la hausse.

Depuis la crise financière de 2008 la bourse américaine a maintenant monté de 250%. De plus, le Cyclically Adjusted Price Earnings Ratio (ratio CAPE) – qui mesure le ratio du cours des actions sur les profits ajustés pour l’inflation des 10 dernières années – est présentement à plus de 32, alors que sa moyenne à long terme est de 17. (Cependant, lorsqu’on tient compte du niveau historiquement bas des taux d’intérêt, le ratio CAPE actuel parait moins extrême.) Finalement, la volatilité dans le marché – telle que mesurée par l’indice VIX du Chicago Board Options Exchange – est à son bas historique.

Ces facteurs peuvent porter à croire que les actions américaines sont « trop chères ». Même si c’était le cas, il serait futile de tenter de prévoir quand une correction viendra et quelle sera son ampleur : on ne peut tout simplement pas prédire les mouvements de la bourse. On peut cependant mitiger l’impact sur le portefeuille avec une saine répartition d’actifs et même prendre avantage des corrections en rééquilibrant le portefeuille au moment opportun, comme Archer le fait systématiquement.

Actions internationales: hausse des profits et des cours

Les actions internationales ont continué de bénéficier de l’expansion synchronisée de l’économie mondiale et de son impact sur les profits. Dans toutes les régions du monde, les profits ont progressé de plus de 10% et ont entrainé le cours des actions en nette hausse.

Les risques anticipés – notamment la montée du protectionnisme américain et de la droite européenne – ne se sont matérialisés, de sorte que les actions de marchés développés d’Europe Australasie et Moyen Orient (EAEO) ont progressé de 25% en 2017 (18% en C$).

Marchés émergents : enfin une bonne année

Depuis 2013, les marchés émergents nous avaient habitués à des rendements nettement inférieurs aux marchés développés. 2017 aura été une année de rattrapage. Malgré de mauvaises performances des actions chinoises et russes, les marchés émergents ont progressé de 37% en 2017 (28% en C$).

Obligations : un rendement positif

S’il est classe d’actifs dont peu de gens attendaient un rendement positif en 2017, ce sont les obligations. Le rendement des obligations du Gouvernement du Canada à échéance de 10 ans a débuté l’année à 1,74% et il y avait en début d’année consensus que ce taux allait augmenter, entraînant les cours à la baisse. Contre toutes attentes, non seulement le taux 10 ans a-t-il peu augmenté – il était de 2,04% en fin d’année – il a même brièvement touché 1,39% au mois de juin.

Si les taux 10 ans ont peu augmenté, c’est que – malgré l’accélération de la croissance économique – l’inflation n’a pas augmenté. Or, bien que les Banques Centrales déterminent en bonne partie l’évolution des taux d’intérêt à court terme, les anticipations inflationnistes sont un facteur déterminant pour les taux d’intérêt à long terme.

L’univers des obligations canadiennes (qui comprend des obligations gouvernementales et de compagnies ayant une échéance moyenne de 10 ans) a généré un rendement de 2,52%. C’est d’ailleurs le rendement annuel que nous anticipons des obligations canadiennes au cours des 10 prochaines années (avec bien entendu d’importants écarts d’une année à l’autre).

Malgré les rendements anticipés plutôt modestes, les obligations constituent la meilleure police d’assurance contre les soubresauts de la bourse.

Fiducies de placement immobilier (REITs) : une excellente année

En 2017, l’environnement économique aura été favorable aux REITs : croissance de l’activité économique et des profits sans augmentation des taux d’intérêt à long terme. En effet, comme les obligations, les taux d’intérêt à long terme ont une influence marquée sur le rendement des REITs.

Le rendement des REITs canadiens a été de 9,85% en 2017.